Georges Beatson (1848-1933) est considéré comme le pionnier de l’hormonothérapie anticancer.
Chirurgien, le Dr Beatson s’intéressait particulièrement à la période de sevrage des agneaux après la lactation, sujet qu’il avait choisi pour sa thèse.
Il a comparé les changements histologiques observés dans le sein après la grossesse et la lactation à ceux retrouvés dans le carcinome chez le lapin.
De ces observations, il tire les constat suivants :
Il existe une prolifération mammaire chez les lapines gestantes.
À l’inverse, il apparaît une involution graisseuse des seins après castration.
En 1896, il publie l’article « On the treatment of inoperable cases of carcinoma of the mamma: suggestion for a new treatment, with illustrative cases », dans lequel il rapporte trois observations cliniques de femmes atteintes de cancer du sein métastatique qui s’améliorent après ovariectomie.

À cette époque, il n’existait pas de traitement recommandé pour les cancers du sein métastatiques. L’ovariectomie devient un traitement de référence.
Les résultats rapportés montrent une réponse chez 70 % des patientes porteuses d’un cancer ER positif, tandis que 20 % des patientes porteuses d’un cancer ER négatif contrairement à ce qui pourrait être théoriquement projeté, s’améliorent.
Ces observations ont contribué à imposer l’hormonothérapie dans le traitement des cancers du sein métastatiques, puis comme traitement complémentaire après chirurgie.
Depuis Beatson, le lien entre cancers du sein et œstrogènes apparaît établi, et de nombreux arguments vont dans ce sens. Toutefois, certaines observations demeurent troublantes car certaines montre un effet favorable à la prolifération et d’autes le contraire….