PHYTOTHERAPIE ET CANCER

Les cytotoxiques issus des savoirs ancestraux : l’exemple de la pervenche de Madagascar

Cantharanthus roseus est une reine des tropiques : elle pousse toute seule et on la rencontre partout . La Pervenche de Madagascar a une allure douce et fragile, avec une couleur évoquant tendresse, réconfort, innocence. Elle est agréable au regard, si bien qu’elle est devenue une plante d’ornement.

Mais elle contient plusieurs toxiques cellulaires.

Dans la médecine traditionnelle, ses feuilles, fleurs et racines sont utilisées par les guérisseurs pour le traitements de diverses pathologies : diabète, tumeurs, paludisme… Ils préconisent des décoctions de feuilles et de fleurs avec une posologie maitrisée et souvent associée à d’autres substances.


Dans les années 50-60, des chercheurs ont utilisé des extraits de cette plantes sur des souris et constaté une chute des globules blancs. Les études permettront ensuite de confirmer que cette plante améliore significativement les souris atteintes de leucémies aigues. Deux principes actifs en seront extraits et brevetés par l’industrie pharmaceutique : la vincristine et vinblastine . Ces substances inhibent la formation des microtubules qui sont utiles pour la formation du fuseau et pour la division cellulaire. C’est ainsi qu’ils empêchent les cellules de proliférer.

Ce « transfert de technologie  » des savoirs ancestraux vers l’industrie avec privatisation sous la forme de brevets, aboutira à la production de chimiothérapies telles que l’Oncovin, Vincristine utilisées et approuvées dans le traitement des lymphomes, leucémies, cancer du sein, poumon, sarcomes…

Pour simplifier, par la suite, un produit synthétique bien connu sera produit par une équipe française ( Navelbine)

La Médecine traditionnelle a fait de nombreux legs à l’oncologie moderne : on peut aussi citer l’Etoposide, chimiothérapie utilisée dans les cancers du poumon, leucémies et lymphomes, extraite de Podophyllum peltatum ou ¨Pomme de mai, une plante américaine.


Encore un exemple parmi d’autres, les taxanes issues de l’If bien connues dans le domaine de la cancérologie mammaire , prostatique, pulmonaire.

Chimiothérapie ne signifie donc pas comme on le pense communément un produit issu de synthèse chimique, comme les moutardes azotées. Les plantes également contiennent des produits toxiques qui ont été mis à profit pour éliminer les cellules cancéreuses.

La phytothérapie en général, probablement du fait de son usage traditionnel conserve une haute sympathie dans le grand public et l’utilisation de plantes et extraits de plantes est courant chez les personnes traitées pour cancer. Il ne faut cependant pas oublier que ces plantes contiennent des principes actifs et que certains d’entre eux peuvent induire des toxicités ou des interactions avec certains médicaments. Préalablement à leur usage, il est préférable de demander l’avis d’un professionnel qualifié.

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