ANTIBIOTIQUES : TOUJOURS A BON ESCIENT ….

L’ Agence Nationale des Médicaments et produits de Santé (ANSM, France) rappelle que « la France se place au 5e rang des pays les plus consommateurs d’antibiotiques en Europe » et que « la juste prescription comme l’utilisation à bon escient des antibiotiques constituent un véritable partenariat gagnant/gagnant au profit de la santé de la population ».

Les antibiotiques sont utilisés pour combattre les microorganismes.
Sur le plan étymologique, ce terme est issu du grec « anti = contre » et « Bios = vie » donc des « anti-vie ».
Les antibiotiques sont généralement assimilés aux anti bactériens. Les antiparasitaires, anti mycotiques, appartiennent par extension à cette classe thérapeutique.
Cette classe de médicaments détruit ou empêche la multiplication des microorganismes, permettant au système immunitaire de les éliminer.
La pénicilline le plus ancien antibiotique a été découverte par Fleming en 1928. Elle était extraite d’une levure appelée Penicillium notatum. Depuis de nombreux antibiotiques ont vu le jour et sont  utilisés pour lutter contre les infections.

Bien qu’ils soient indispensables, ils peuvent être, comme tout médicament ou tout principe actif, responsables d’effets secondaires (toxicité cellulaire), plus ou moins importants . Leur usage inapproprié peut faire émerger :

  • des résistances aux antibiotiques, même à faibles doses
  • des perturbations du microbiote
  • des anomalies liées à une toxicité mitochondriale.


La mitochondrie est un petit organite à l’intérieur de la cellule qui lui permet de produire son énergie, et de maintenir son équilibre. C’est une ancienne bactérie qui d’ailleurs un lien très étroit avec le microbiote. C’est un organite qui est souvent affecté par les antibiotiques :

Le CHLORAMPHENICOL, par exemple, est un antibiotique qui a été retiré du marché en raison de sa toxicité importante. Il entrainait une baisse profonde des cellules sanguines appelée aplasie et des cas de leucémies aiguës. Compte tenu de ce profil de toxicité, pour le repositionner en chimiothérapie anti cancéreuses,  le Chloramphénicol avait été testé in vitro sur des cellules  de glioblastome, et leucémiques avec succès. Mais sa toxicité in Vivo majeure , lié à sa toxicité mitochondriale a entrainé son retrait du marché.

L’ADRIAMYCINE est un autre antibiotique.  Il est produit par une bactérie appelée Streptomyces. C’est un antibiotique a démontré une toxicité cellulaire importante. Il est désormais classé parmi les antibiotiques cytotoxiques : il est utilisé pour traiter de nombreux cancers en particulier les cancers du sein, lymphomes, leucémies…L’Adriamycine est toxique pour les mitochondries et c’est par ce biais qu’elle génère ses effets secondaires au niveau du muscle cardiaque.
Cet antibiotique devenu chimiothérapie anti-cancéreuse a subi de nombreux tests in vitro, chez l’animal puis chez l’homme, ce qui a permis de déterminer son spectre d’activité et de toxicité permettant de préconiser des recommandations de surveillance.

les QUINOLONNES largement utilisées pour traiter les infections urinaires et pulmonaires sont sous surveillance renforcée en raison de la gravité de certains de leurs effets indésirables. Les quinolones sont des médicaments toxiques pour les mitochondries et les effets secondaires répertoriés touchent le système nerveux les muscles et tendons, avec parfois des séquelles comme en témoignent certaines victimes dans le reportage ci-dessous. Ces effets secondaires ont amené la Santé public au sein de l’Union Européenne à en restreindre la prescription.

ENQUÊTE : CES MÉDICAMENTS ANTIBIOS QUI RUINENT DES VIES (SCANDALE DES FLUOROQUINOLONES)


La majorité des antibiotiques utilisés, comme la vieille pénicilline, a un spectre de toxicité acceptable. mais tout médicament ou principe actif peut avoir des effets secondaires et toute prescription doit inciter à la vigilance.

Donc, pour prescrire des antibiotiques, les médecins prennent en considération de nombreux paramètres dont des critères d’efficacité potentielle, posologie, voie d’administration, durée et toxicité potentielle. C’est la connaissance de ces éléments qui permet d’assurer la surveillance rigoureuse  de leur administration afin de ne pas méconnaître des effets secondaires.


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